La batterie ("drums" en anglais, ce qui veut dire "tambours") contemporaine, aussi appelée batterie de jazz (ou "trap drums", pour désigner l'emploi de pédales), est apparue au début du XXème siècle aux Etats-Unis d'Amérique. Néanmoins, on peut déjà voir des prémisses de cet instrument avec l'apparition de "l'homme orchestre" à la fin du moyen-âge en Europe, qui se servait d'une grosse caisse attachée dans le dos et d'une batte fixée à un axe de rotation et actionnée par une ficelle attachée à un pied.
La pédale de grosse caisse apparaît vers le début du XXème siècle et la pédale de charleston ("High-hat" ou "hi-hat" en anglais) apparaît dans les années 20 avec les premiers big-bands assis qui jouaient sur les bateaux à aube dansant de la Nouvelle-Orléans, berceau du jazz et du blues.
En fait, pour comprendre la batterie, il faut d'abord savoir que tous les instruments qui la compose, si on exclue toutes les extensions, pédales et pieds, qui ne sont là que pour aider à les utiliser, et qui sont les seules véritables inventions qui font de la batterie un instrument contemporain, sont des instruments dont l'origine remonte à l'aube de l'humanité (comme la plupart des instruments de percussion d'ailleurs).
Le mot "tambour", par exemple, a une origine orientale, et même le timbre de la caisse claire ("snare drum" en anglais) se retrouve sur les tambourins marocains (sous la forme d'un boyau séché, comme pour les tambours militaires européens jusqu'au siècle dernier) les "bendirs".
On a retrouvé des cymbales en bronze de forme turque (la forme la plus employée en jazz et en rock) mais de
petite taille, dans d'antiques tombes grecques. Les grecs antiques croyaient qu'elles avaient le pouvoir
d'éloigner les mauvais esprits, mais on retrouve aussi beaucoup de représentations qui les font figurer dans
les fêtes et les banquets.
Ce n'est sans doute que plus tardivement, avec des cymbales à plus grand format, qu'on les utilise à des fins
militaires, comme tous les instruments les plus puissants d'ailleurs (tambours, timbales, cornes de brume,
cornemuses, trompettes et cors en cuivre, etc.), pour relayer des ordres jusqu'au bout du champ de bataille,
pousser à la marche des soldats (d'où le mot de "marches" pour les compositions de musique martiale), ou tout
simplement effrayer l'ennemi. L'enseignement de la batterie au Conservatoire National Supérieur de Paris se
fait encore à partir de ce qui pourrait constituer son âge d'or: celui de la batterie militaire napoléonienne
(Méthode R. Tourte, "Le Rigodon d'honneur", divertissement des "Grognards" dans leur camp, "Batterie
d'Austerlitz", "Marche des éclopés" ("La Boiteuse"), par exemple), qui coïncide avec le maximum de
sophistication des formations et mouvements de fantassins, que l'on ne retrouve plus aujourd'hui que
pour le "spectacle", dans certains défilés militaires ou d'Ecole (surtout dans les écoles américaines
d'ailleurs). C'est une tradition qui n'existe quasiment plus en France, qui comptait presque une fanfare
municipale par commune à l'époque napoléonienne, et l'on y voyait là l'occasion d'une pratique populaire
de la musique avec un caractère national et convivial, au même titre que la Samba, au Brésil, aujourd'hui,
par exemple.
Au début du XIX ème siècle, aux Etats-Unis d'Amérique nouvellement indépendants, avec le départ des militaires français de la Nouvelle-Orléans (vente de la colonie française de Louisiane par Napoléon Bonaparte en 1803), ce sont tous les instruments de musique militaire, jugés trop encombrant pour les bateaux, qui sont bradés voire abandonnés. Les populations d'esclaves noirs d'origine africaine, massées dans le travail ingrat des champs de coton et à qui l'on interdit presque tout, même la pratique des instruments de musique symphoniques européens, y voient une occasion inespérée de retrouver la pratique musicale de leurs ancêtres, basée sur l'improvisation et la polyrythmie, tout en rentrant dans un cadre culturel compositionnel et instrumental "convenable" pour les esclavagistes blancs, car de culture européenne (batterie et marches militaires). C'est ainsi que naissent les "bands" et le style "New-Orleans", pour les cérémonies d'enterrement d'abord, puis le carnaval, et enfin les bals et mariages pour finalement "s'asseoir" dans les "dancings", les "maisons closes", les bars, restaurants et cabarets, pour devenir le "jazz" que l'on connaît.
Certains historiens
pensent que le mot "jazz" viendrait du mot argotique français "jaser", qui pourrait caractériser le dialogue
que se livrent les solistes qui improvisent dans le "New Orleans". Le plus célèbre de ces groupes, le premier
a enregistrer un disque et qui se revendique comme le premier véritable groupe de jazz, est celui de Joe
"King" Oliver (dès les années 1910), où s'illustrera un certain Louis Armstrong, trompettiste et chanteur
alors débutant, et Warren "Baby" Dodds, le premier batteur de jazz enregistré. C'est à cette époque qu'est
inventée la pédale de grosse caisse pour réduire le nombre de percussionistes.
La prohibition des années 1920, permet à la musique noire, appréciée de gangsters richissimes, de trouver des mécènes généreux et de développer les "bigs bands", où s'épanouissent de grandes sections de cuivres ("Duke" Ellington (avec comme batteur Sony Greer, entre autres), Bill "Count" Basie, "Cab" Calloway, Chick Webb (batteur soliste et chef d'orchestre) en sont les plus célèbres chefs, compositeurs, arrangeurs voire pianistes, qui se produisent dans les non moins célèbres "Cotton club" ou "Savoy" de New York). La notion de "café-concert", où un public d'initié écoute en buvant tranquillement un verre ou en dansant, la musique improvisée, devient indissociable du jazz, dont les "boîtes" et "clubs" sont encore les lieux de concerts des meilleurs solistes actuels.
Les "jam-sessions" où, en deuxième partie de soirée, les mélomanes les plus passionnés peuvent écouter de véritables "joutes" musicales et où les "nouveaux" peuvent essayer de démontrer leur talent accompagné d'un groupe de professionnels, se généralisent comme une "alternative" culturelle et artistique aux écoles et salles de concert de musique blanche, où l'on se contente généralement juste de transmettre la musique "classisée", académique, figée, du passé européen.
A l'inverse, en Europe, dès les années 1910, des compositeurs révolutionnaires d'avant-garde comme Eric Satie ou Igor Stravinsky, qui ont pourtant reçus une formation académique, s'inspireront largement du jazz et de sa vision polyrythmique et harmonique (ainsi que du folklore européen et russe) afin de tenter de renouveler la musique écrite européenne pour orchestre symphonique. Plus tard, c'est leur musique qui inspirera à son tour Charly Parker afin de révolutionner le jazz, avec la création du style "Be-Bop". Avec l'apparition du disque et de la radio, les idées musicales circulent plus vite que jamais et la partition et le solfège ne sont plus les passages obligés pour entrer dans "l'Histoire de la Musique".
Dans les années 1930, une dynamique de compétition se développe alors à Chicago, New York ou encore Kansas
City, permettant l'émergence de talents et virtuoses époustouflants dans la société noire-américaine, encore
écrasée par la ségrégation et la frustration, et qui voit un exutoire et un moyen de s'affirmer dans la
musique des cabarets (comme les saxophonistes Lester Young "the President", Coleman Hawkins, Johnny Hodges,
qui influencèrent également le jeune Charlie Parker).
C'est la période du "swing", cette note de silence
ajoutée après chaque temps, pour donner une mesure ternaire à toutes les mélodies populaires.
Des musiciens blancs commencent à imiter ces musiques issues des quartiers pauvres et à la faire admettre
dans les prestigieuses salles de concerts américaines (comme l'orchestre du clarinettiste Benny Goodman,
qui fut le premier orchestre de jazz à avoir l'honneur de jouer au "Carnegie Hall" de New York, où l'on
joue normalement de la musique symphonique et classique; il existe d'ailleurs un enregistrement de ce
concert, où s'illustre un des tous premiers grands virtuoses solistes de la batterie, Gene Krupa, qui
atteint des vitesses de frisés (alternance main droite, main gauche) rarement égalées).
Pendant ce temps, se crée à Paris, le "Jazz manouche", avec le guitariste Django Reinhardt, et le violoniste
Stéphane Grappelli, qui se sépare de la batterie et la remplace par une guitare rythmique.
C'est dans ces années que la batterie moderne atteint son accomplissement avec l'invention de la pédale de
charleston ("hi hat" en anglais) et des toms avec tirants.
C'est dans les années 1940 qu'apparaît la révolution du "be-bop", certainement la forme la plus aboutie
et sophistiquée issue de la musique blues, avec Charly "Bird" Parker au saxophone, "Dizzy" Gillespie et
Miles Davis à la trompette, Bud Powell et Thelonious Monk au piano, et Max Roach, Art Blakey, Buddy Rich
ou encore Kenny Clarke à la batterie (considéré comme l'inventeur du style be-bop en batterie, qui consiste
à improviser au pied droit à la grosse caisse comme s'il s'agissait de la main gauche, au lieu de marquer
le temps). Kenny Clarke est aussi le premier à se servir de grandes cymbales turques (qu'on appellera plus tard "ride")
pour marquer le chabada.
Ce dernier s'installera à Paris où il apportera une grande influence dans le développement du jazz français (avec la prolifération des "boîtes de jazz", notamment). Aujourd'hui encore, l'axe Paris-New York reste l'un des pôles majeurs de l'expression créatrice du jazz (avec des musiciens français comme Daniel Humair (batteur-peintre), Martial Solal, Jean-Luc Ponty, Michel Petrucciani, Michel Portal, Biréli Lagrène ou Richard Galliano).
C'est aussi dans les années 1940, que "Dizzy" Gillespie invente le "Cubop", en intégrant un percussionniste afro-cubain, Chano Pozo, dans son orchestre Be-bop, initiant ainsi ce qui deviendra la "salsa" (dont Ernesto "Tito" Puente deviendra "El Rei" ("le roi")).
Dans les années 1950, le "cool jazz", aux harmonies plus sophistiquées et au rythme plus épuré, initié par Miles Davis, Chet Baker, Dave Brubeck (avec le batteur Joe Morello, initiateur des mesures asymétriques à la batterie), Bill Evans ou Gill Evans, est en vogue. Le célèbre et mélancolique "Kind of Blue" (1959) de Miles Davis, est devenu une sorte de phare du jazz, son plus grand succès discographique populaire.
C'est aussi dans les années 1950 que se développe un courant radicalement différent, à l'opposé de la sophistication des boppers: le rock'n roll. Issu du rythm'n blues, version simplifiée, binaire et "martelée" du blues, et de la musique "folk" ou "country", musique populaire des blancs, le rock simplifie encore la base compositionnelle, pour aller vers des interprétations "lancinantes", plus "sauvages" et physiques, mettant plus facilement en transe un public de jeunes ayant soif de liberté, d'indépendance, et de renouveau, au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Des chanteurs comme Elvis Presley ("The King" mais "of rock" cette fois), Fats Domino, Bill Haley, sont les chefs de file de cette musique résolument destinée aux adolescents, qui inspirera la "pop-music" anglaise, plus édulcorée mais néanmoins créative, des "Rolling Stones" (et leur batteur Charlie Watts, de formation jazz, toujours "à la page") et des "Beatles" (et Ringo Starr, batteur au jeu simple mais efficace et recherché), dont le succès et l'impact populaires ne sont ignorés de personne aujourd'hui.
Pendant ce temps, d'autres s'ingénient, dans les années 1960, à pousser au maximum de l'audible les solos de jazz (par leur vitesse, leur volubilité et leur complexité tonale), avec ce qu'ils appelleront eux-même le "free-jazz" (John Coltrane, avec son fameux quartette avec Mac Coy Tyner au piano, Jimmy Garrison à la basse et Elvin Jones à la Batterie, ou encore Ornette Coleman, Don Cherry, Eric Dolphy, Albert Ayler, Anthony Braxton, Sun Ra et Archie Shepp).
C'est aussi dans les années 1960 qu'apparaît le métissage "jazz-samba", en même temps que la "bossa-nova" ("la bosse neuve", autrement dit "nouvelle vague") brésilienne avec Stan Getz, saxophoniste de jazz virtuose américain, Astrud Gilberto, chanteuse brésilienne et son frère Joao, guitariste, Antonio Carlos Jobim, ou encore le compositeur chanteur, guitariste et parolier Vinicius de Moraes, qui s'inspirent tous de la musique du carnaval de Rio pour l'adapter dans des morceaux plus intimistes, à l'échelle des cabarets.
Dans la mouvance rock, des gens comme Jimi Hendrix (et le batteur "Mitch" Mitchell, qui remplit son discours improvisé de "notes fantômes" pianissimo ("ghost notes") tout en maintenant "l'afterbeat" (temps 2 et 4, "fortissimo", joués par la caisse claire), initiant sûrement le "jazz funk" ou "free groove", à la batterie), Carlos Santana (et ses percussionnistes afro-cubains Raul Rekow (congas) et Karl Perazzo (timbales)), Jim Morrison, ou Joe Cocker incarnent un retour au blues et au jazz du Rock, avec une touche plus "world", voire franchement latine (pour Santana), grâce notamment au célèbre concert en plein air de "Woodstock"(1969) qui réunit un record jamais vu de 500 000 spectateurs, véritable manifestation pacifique et pacifiste de la jeunesse, s'inscrivant dans les mouvements étudiants de mai 1968. A Woodstock s'illustre aussi une nouvelle approche du jazz, plus "world"et plus rock (binaire) avec des gens comme Chick Corea, ou Ornette Coleman, et les batteurs Jack de Johnette et Ed Blackwell, tous deux très polyvalents, qui seront bientôt rejoints avec brio par un Miles Davis rajeunissant sans cesse, et s'entourant toujours des plus jeunes talents, comme le précoce Tony Williams (dont il a pu dire qu'à cause de lui, il s'était remis à travailler son instrument!), ou encore Al Foster à la batterie, mais aussi ceux qui deviendront les chefs de file du "jazz-rock" ou "fusion": Chick Corea et son "Electric Band", soutenu par un des plus grands virtuoses de l'histoire de la batterie, le jeune Dave Weckl, Joe Zawinul et Wayne Shorter, leader du groupe "Weather Report", qui accueillit tour à tour les batteurs Peter Erskine et Omar Hakim débutants, John Mac Laughlin, guitariste électrique, tous réunis dans un album mythique de Miles de 1969 intitulé "Bitches brew" (littéralement: "bordel").
Dans les années 1970, John Mac Laughlin, avec son Mahavishnu Orchestra, soutenu par le fougueux Billy Cobham à la batterie, un des précurseurs du jeu virtuose à la double grosse caisse, puis avec son groupe Shakti et Zakir Hussain, joueur de tablas (percussions digitales indiennes), élargi encore le métissage originel du jazz à l'Inde et au "funk", mouvance plus "africanisante" de la pop avec son chef de file, le chanteur James Brown (avec John "Jabo" Starks et Clyde Stubblefield à la batterie). James Brown avait d'abord cherché l'inspiration dans la pop africaine ou "afro-beat" de Fela Anikulapo Kuti et son batteur Tony Allen. Dennis Chambers, entretiendra cette flamme "jazz-funk", toujours avec John Mac Laughlin, en maîtrisant toutes les subtilités de la batterie funk, jazz et blues, et en les mélangeant avec une aisance rarement atteinte. Un autre batteur de John Mac Laughlin, Trilok Gurtu, un indien, inventera un style de jeu unique, mélangeant percussions digitales et batterie.
Le groupe Led Zeppelin (Robert Plant (voix), Jimmy Page (guitare), John Bonham (batterie)), qui joue avec à la fois une grande violence et une grande virtuosité inaugure le style "hard rock" (AC-DC, Deep Purple, Guns'n Roses, etc.), dans les années 1970, qui amènera au "metal rock" qui radicalise encore l'esthétique ultra-violente (Metallica (avec Lars Ulrich, comme batteur compositeur et leader), Iron Maiden (d'inspiration celtique, avec le fulgurant Nicko Mac Brain à la batterie), etc.) dans les années 1980, puis au "death metal", qui systématise un débit continu de double grosse caisse, dans les années 1990 (Gene Hoglan, batteur de Dark Angel, un des premiers batteurs à avoir l'idée d'appliquer le moulin militaire au jeu en alternance deux pieds et deux mains). C'est aussi dans les année 1970 qu'apparaissent deux mouvances contradictoires au sein de la pop, un courant plus brutal et rebelle, tout d'abord: la "punk music" (Iggy Pop et les "Stooges" aux Etats-Unis et les "Sex pistols" en Angleterre), et le "rock progressif", plus lyrique voire carrément "classique" dans ses formes générales comme ornementales (King Crimson (avec Bill Bruford, batteur solo), Rick Wakeman, Genesis (avec Phil Collins d'abord batteur et choriste avant de devenir chanteur leader, après le départ de Peter Gabriel), David Bowie, Dream Theater (Mike Portnoy, batteur soliste leader), Angra, plus récemment, avec une consonnance plus "métal").
Citons aussi le chanteur et bassiste de pop Sting, mais de formation jazz, qui "lança" nombre de grands virtuoses de la batterie: Stewart Copeland (dans son premier groupe, "The Police", à la fin des années 1970) qui mélange le "reggae" jamaïcain et la pop, Vinnie Colaiuta , maître des mesures asymétriques (grandiose avec Franck Zappa), ou encore Manu Katché (batteur pianiste, qui ne s'exprimera véritablement qu'avec le saxophoniste norvégien de jazz Jan Garbarek), pour ne citer qu'eux.
Aujourd'hui, le développement de la batterie virtuose, allant naturellement du plus simple au plus difficile,
arrive à sa pleine maturité avec l'accession du pied gauche, membre le moins habile et contrôlable,
comme membre virtuose à part entière.
Des batteurs comme Dave Weckl (Chick Corea), Terry Bozzio (Frank Zappa et solo), Virgil Donati, Mike Terrana ou Marco Minnemann, dans un style "Fusion" débridé, ont poussés à son maximum le jeu de la double grosse caisse ou de la double pédale de grosse caisse (invention des années 1980, avec un bras de transmission pour le pied gauche). A tel point que l'on ne fait quasiment plus de différence entre le jeu des mains, dans la tradition technique de la caisse claire militaire classique, et celui des pieds.
En jazz plus traditionnel, des batteurs comme Tony Williams (décédé en 1997), Elvin Jones (décédé en 2004),
Jack de Johnette (qui devient le batteur attitré d'un nouveau grand virtuose du piano, Keith Jarrett), Dennis
Chambers ou Bill Stewart (Pat Metheny, Mickael Brecker, John Scofield, etc.), improvisent littéralement des
quatre membres en même temps (dont le pied gauche au charleston), et dans un style afro-cubain, des batteurs
comme Horacio "El Negro" Hernandez (Chico O'Farill, Michel Camilo, Kip Hanrahan), Akira Jimbo (solo) ou Robby
Ameen (Kip Hanrahan), jouent le rythme complexe de la clave, au pied gauche (avec une cloche montée sur stand
et jouée par une pédale de grosse caisse), tout en conservant une totale indépendance des autres membres.
Tous ces batteurs ont aussi transmis leur savoir à travers le monde, grâce à des vidéos pédagogiques et sont
précurseurs en la matière.
C'est ce qui m'a permis, outre leurs enregistrements studio, leurs partitions et parfois leurs concerts (quand j'ai pu les voir à Paris, comme Jack de Johnette par exemple), de m'initier à leurs techniques et d'intégrer leur pratique, pour développer un jeu tout à fait original, à ma connaissance, avec une phrase complexe, issue d'un instrument de samba, par membre.
Cela m'a aussi été permis grâce à la connaissance des instruments de la batucada, orchestre de percussion du carnaval de Rio, que j'ai pratiqué au sein du groupe parisien Aquarela, dont les membres fondateurs sont tous issus de la première Ecole de Samba créée en Europe, et qui conserve ainsi toute l'authenticité et la richesse des techniques de jeu et des compositions des percussions brésiliennes.
Ma pratique du djembé, des dununs et cloches mandingues, m'a aussi permis de tenter des transpositions de polyrythmes mandingues avec notamment des phrases complexes au pied gauche, ce qui est également une approche toute récente de la batterie contemporaine.
Gageons que cet instrument nous révèlera encore bien des secrets, des univers à explorer et du plaisir à partager.
Marc de Douvan, octobre 2005.
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