English: : Grands batteurs






Cours
Sélection de CD, DVD ou livre

Dodds Warren "Baby"

Musiciens ou groupes:

KOCJB (King Oliver Creole Jazz Band), Joe "King" Oliver, Louis Armstrong, Jelly Roll Morton "Red Hot Peppers", Sidney Bechet, Mezz Mezrow, Kid Ory, Barney Bigard

Biographie et commentaire

Né en 1898 à la Nouvelle-Orléans, "Baby" Dodds, est un des premiers batteurs modernes enregistrés, en 1923 à Chicago, avec le « King Oliver's Creole Jazz Band » (fondé en 1922, avec Louis Armstrong débutant), qui se revendiquait comme le premier vrai groupe de « jazz », en vertu des dialogues improvisés, du français « jaser », et non « jass » (« cul ») faisant référence aux bordels et repris par l’ODJB, « Original Dixieland Jass Band » (qui changera plus tard le "jass" en "jazz" dans son nom), groupe de blancs « imitant » (assez mal : pas de « swing » (ternarisation ou entre deux) en tempo lent et medium, concept africain) par exemple, très peu d’improvisation et grotesque, avec imitation de cris d’animaux : peut-on dès lors appeler cela du jazz ?) le jazz original des noirs de la Nouvelle Orléans et souvent considéré comme le premier groupe de jazz enregistré, en 1917, année de leur fondation à Chicago (le premier enregistrement de jazzmen noirs (1922) est celui de « Kid » Ory (le propre mentor de Joe « King » Oliver), qui jouait déjà en public à 10 ans, en Louisiane, en 1896!). Baby Dodds jouait déjà des solos improvisés techniques (roulements serrés, ras, frisés sautés, accents en syncope, passages, etc.) et créatifs (breaks décalés osés, usage de tous les timbres à la suite (cloche, rim, wood block, cymbale, tambours) décalages en 6 pour 4 dans les solos, première vraie indépendance des mains avec « beat » régulier au pied droit (comme en batterie militaire à deux musiciens), etc.) avant même l’apparition des toms avec tirants à vis, charleston et pieds de cymbale (il accrochait des cymbales à sangle classiques ou avec une cordelette à des barres en "L" sur la grosse caisse). Il tient sa formation des parades de la Nouvelle Orléans ("marching bands", basés sur la polyrythmie africaine et les rudiments militaires français, qui jouent pour le carnaval (« mardi gras » nommé comme en France, tradition venant des anciennes colonies françaises) ou les enterrements), puis des dancings sur bateaux à aubes. Il utilisait aussi couramment des cloches de vache et wood blocks (ce qui n'est donc pas une invention récente) et jouait sur le rim (cercle) de grosse caisse ou en posant un pied sur le tom basse ("floor tom") pour faire varier sa tonalité (voir document filmique sur Drummerworld, extrait de la première vidéo pédagogique de batterie moderne, 1946). Warren est mort en 1959, et resta fidèle au jazz classique dont il est incontestablement un des inventeurs (il n'intégra jamais la pédale de charleston par exemple, mais par contre le tom avec tirants à vis avec double serrage (sur le modèle de la caisse claire américaine), invention de Gene Krupa (1936), calqué sur le tom tom chinois utilisé originellement en jazz (sorte de petit tambour arrondi, à double peaux clouées), ce qui montre bien l'étendue du métissage du jazz, qui en fait véritablement une forme musicale typiquement américaine).

Marc De Douvan, publication: 3 janvier 2006.

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